Phèdre, Fables, 1.5 : "La vache, la chèvre, la brebis et le lion"
Original (69 mots environ
) :
Numquam est fidelis cum potente societas.
Testatur haec fabella propositum meum.
Vacca et capella et patiens ouis iniuriae
socii fuere cum leone in saltibus.
Hi cum cepissent ceruum uasti corporis,
sic est locutus partibus factis leo:
'Ego primam tollo nomine hoc quia rex cluo;
secundam, quia sum consors, tribuetis mihi;
tum, quia plus ualeo, me sequetur tertia;
malo adficietur si quis quartam tetigerit'.
Sic totam praedam sola improbitas abstulit.
Français (trad.
Pierre Constant)
:
Il n'y a jamais de sûreté dans l'association avec le puissant; cette petite fable
montre la vérité de ce que j'avance. Une vache, une chèvre et une brebis habituée
à l'injustice firent dans les bois société avec un lion. Comme ils avaient pris un
cerf de grande taille, les parts faites, le lion parla ainsi : « C'est moi qui prends
la première puisqu'on m'appelle roi, elle m'appartient; la seconde, comme je suis
vaillant, vous me la donnerez; et parce que je suis le plus fort, la troisième me
reviendra. Malheur à qui touchera à la quatrième ! » Ainsi, grâce à sa mauvaise foi,
il emporta pour lui seul la proie tout entière.
Mots-clés : indicatif présent ; indicatif parfait ; indicatif futur ; subjonctif plus-que-parfait ; déponent ; hic, haec, hoc ; circonstancielle causale (indicatif) ; ablatif absolu ; système hypothétique (éventuel) ; fable ; nature ; politique
Contribution : Sarah Gaucher