Apologie et Défense du Latin dans l'Europe de la Renaissance

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Contexte

Le XVIe s. est une époque où les langues vernaculaires acquièrent une pleine dignité. À la faveur de l'acceptation des langues vernaculaires dans la diplomatie ou l'administration, la langue latine, auparavant élément de cohésion du réseau de la res publica litteratorum ("la république des lettrés") tend à perdre de sa superbe et de son influence. Le débat se pose en ces termes : faut-il rechercher une langue unique et universelle ou, prenant compte de la diversité des langues, s'abandonner à la pluralité ? Si les auteurs privilégiant la seconde alternative s'illustrent par des ouvrages de défense des langues vernaculaires, avec par exemple la Défense et illustration de la langue française (1559), les tenants d'une langue unique proposent eux aussi diverses apologies de la langue latine, toutes destinées à exhorter les étudiants et érudits à conserver l'usage de cette langue universelle. Ce sont ces textes que nous nous proposons de réunir ici.

Corpus

  • Deux oraisons De latinae linguae usu retinendo (1530) de Romulo Amaseo (1489-1552), professeur à l'Université de Bologne. Ces deux discours sont imprimés pour la première fois en 1564 dans le Romuli Amasaei Orationum volumen.
  • L'Apologia in Maci Actii Plauti, aliorumque Poetarum, & linguae Latinae calumniatores (1537) de Francesco Florido Sabino (1511-1547), professeur de langues grecque et latine à l'Université de Bologne et traducteur latin d'Homère.
  • L'oraison De Latinae linguae usu retinendo (1556) Carlo Sigonio (1520-1584), professeur d'éloquence à l'Université de Padoue. Le discours est publié en 1560 dans les Orationes septem Caroli Sigonii.
  • Les Pro lingua Latina libri tres (1571) de Gabriele Barri (1506-1577), prêtre, humaniste et géographe.
  • Les De linguae Latinae usu et praestantia libri tres (1574) d'Umberto Foglietta (1518-1581), historien et homme de lettres. L'ouvrage fut réimprimé en 1723 avec une préface de Johann Lorenz von Mosheim que nous incluons au corpus.

Protocole de saisie de texte

Les coquilles manifestes ont été corrigées et non signalées (par exemple u pour n).
Nous ne dissimilons pas u et v mais écrivons V en majuscules, u en minuscules.
Sont désagglutinés les æ et les œ en ae et oe pour faciliter la recherche plein texte.
La ponctuation et les italiques sont modernisés pour faciliter l'utilisation pédagogique.
Tous les accents et trémas sont enlevés dans le texte latin.
Dans le texte grec, les accents, esprits et iotas souscrits ont été rétablis là où ils faisaient défaut, et l'orthographe a été corrigée.
Les graphies particulières pour écrire les chiffres romains, comme les D et C inversés, ont été remplacées par les graphies en usage.
Les ligatures ont été résolues, et les mots abrégés ont généralement été développés.
Les lettres désignant les prénoms ont toutefois été conservées, de même que les abréviations courantes, comme lib. pour liber, cap. pour caput ou capitulus, etc. Cependant, on les a normalisées pour les rendre plus facilement lisibles pour un lecteur moderne, ainsi li. devient lib., c. est remplacé par cap. et .i. par i.e.